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Chantal Akerman nous a quittés - deux semaine après Edwige Belmore

mardi 6 octobre 2015 (Date de rédaction antérieure : 11 décembre 2017).

ADIEU MES AMAZONES !

Louise Desrenards·Tuesday, 6 October 2015

Louise Desrenards <louise.desrenards@free.fr>
(adapté et moins les fautes d’orthographe et de typo et pas des moindres :-)
15:08 (2 hours ago) to nettime.fr@nettime.org


Libération annonçait ce matin que Chantal Akerman était morte hier à 65 ans.

Elle était aussi écrivain, auteure de trois livres.

Sa nombreuse création cinématographique est sublime, déchirée, avec l’humour dans les larmes.

Je l’ai connue quand elle s’intéressait au MLF, non à cause du MLF
mais d’un ami commun qui était son producteur et qui a lui-même
disparu : Alain Dahan.

Nous nous sommes retrouvées sur facebook mais ma persistance dans le
soutien des Palestiniens lui déplut. Ce n’avait pas été toujours sa
position radicale au moment où nous nous étions croisées. Et qui
pourrait lui en vouloir pour cela ?

Il y a des replis de l’âme qui ne sont pas politiques. Chantal était
depuis toujours à la fois attaquante et fragile.

Qu’importe je l’aime toujours autant comme ce qu’elle a fait du cinéma
à travers le sien, et sa trace sensible parmi notre monde.

Récompensée pour plusieurs chef d’œuvres.

Il se peut que son dernier film dédié à sa mère où Chantal dialogue
avec les personnages de son œuvre, et que je n’ai pas encore vu, trace
une perspective de sa propre disparition.

No Movie at home.

Variety, « “No Home Movie”, film review ».

Le Monde en apprend plus, elle se serait suicidée.

"Chantal Akerman s’est donné la mort, lundi 5 octobre au soir. Autrice
d’une œuvre incandescente, pionnière, nomade, travaillée en profondeur
par des questionnements intimes et historiques, et des interrogations
formelles fondatrices de la modernité cinématographique, la cinéaste
belge avait 65 ans.
Le coup d’envoi de sa carrière, entamée à 17 ans avec le court-métrage
Saute ma ville (1968), est un coup de feu : un brûlot burlesque et
rageur tourné en 16 mm dans lequel elle se met en scène elle-même,
semant méthodiquement le chaos dans sa cuisine pour finalement se
faire exploser, la tête posée sur la gazinière allumée. (...)"

Le Monde, « Chantal Akerman est morte ».

Repose en paix, Chantal Akerman.



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Autant Chantal était cachée et productive d’une œuvre signée au long terme, autant Edwige était visible et sans œuvre ou presque sinon elle-même comme œuvre. Les deux étaient chacune à sa façon une bombe contre les conventions sociales.

Edwige Belmore est morte à Miami le 22 septembre.

Elle disait qu’abandonnée à Paris par ses parents qui en partirent alors qu’elle
n’était pas encore adulte, elle avait dû se débrouiller. Et elle l’a fait
avec violence et distinction à la fois.
On a bien une idée de son vrai nom civil, mais n’étant pas celui
qu’elle avait choisi alors, qu’importe !

Edwige a roulé sa bosse en publiant son énergie conviviale et son corps comme une artiste corporelle et ses chansons comme une poète (je n’aime pas le mot poétesse surtout à son sujet), cherchant la reconnaissance amicale de sa qualité vivante et créative sensible et avant-gardiste par ses amis et rencontres renommés en leur temps, mais pas les foules.

La plus belle nécro, la plus sensible pour dire sa générosité et sa
beauté et sa folle attaque de la vie — même si le texte est volontairement rapporté à un moment, celui de la rémission — parmi les hommages que j’ai pu lire et qui
lui ont été rendus aux USA, où elle avait émigré en étant accueillie
dans les milieux branchés et ne les avait pas déçus, c’est celui d’une
de ses amies, Sandra Schulman, publié dans le site "Please kill me"
dédié au Punk.

Et c’est pourquoi je l’ai traduite — on peut la lire ici :

====> « Mort d’une Glamazone
Une lettre d’amour tatoué à Edwige
 », le 26 Septembre, ci-en 2015,
par Sandra Schulman.

Mathématiques modernes est un groupe qu’elle avait créé avec le musicien et artiste Claude Arto, ami de Jacno et lui aussi décédé, en
2013, en Bretagne du nord, où il s’était retiré depuis plusieurs
décennies.


C’est Olivia Clavel qui me l’avait faite connaître à propos d’une
histoire qu’à l’époque je finissais d’écrire, une histoire fumeuse mais
que je crois aujourd’hui intéressante et qu’en hommage à Edwige je
vais publier en série chaque samedi dans "La revue des ressources"
(depuis le 1er octobre).

Chérie fais de beaux rêves.



Cordialement.

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